La pêche du brochet aux gros Crankbaits

 

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Il y a un peu plus d’un an je découvrais les Crankbaits avec Jean-Paul et Jérôme au bord de notre lac perdu de Provence, les sorties qui ont suivi étaient l’occasion de les utiliser, souvent pendant un court instant en arrivant sur un poste pour trouver les poissons actifs. Ce moment de simplicité était tellement fun que j’ai essayé d’adapter la technique pour des sessions de pêche exclusivement aux gros poissons nageurs, l’approche pouvant être résumée à « Et si on pouvait lancer ces leurres de traîne sans se tuer à la tâche ? ».

 

La passion à ses raisons que la raison de ne peut comprendre, mais imaginons que ces leurres en plastique dureront toute une vie et avec un semblant d’âme, du moins c’est que j’ai tendance à croire en comptant les petites marques de dents de brochets sur leurs flans et en revivant les scènes de pêche. Le choix en matière de gros poissons nageurs est tellement restreint qu’il est plutôt aisé et amusant de réunir au complet toute la collection, bien que ce ne soit pas indispensable !

 

L’ensemble Casting :

La canne devra être parabolique pour absorber les vibrations des poissons nageurs (attention les risques de tendinites sont réels avec un équipement inadapté, j’en ai fait les frais ^^), le must étant selon moi un blank avec un certain % de fibre de verre. Pour avoir essayé les deux, la fibre contrairement au carbone ploie et se rétracte plus doucement, avec plus d’amplitude, les décrochages sont pratiquement inexistants avec le bon fil (voir partie sur les fils) et les vibrations très bien absorbées, de surcroît les cannes en fibre sont généralement de bonnes lanceuses grâce à leur souplesse. En revanche ces dernières ne sont par essence pas très sensibles, ce n’est pas grave car le but est juste de pouvoir sentir la touche qui se traduit en général par un arrêt mou. La puissance devra être globalement comprise dans une plage entre 30 et 100 gramme pour lancer le plus grand nombre de gros poissons nageurs existants. Il est important de choisir une canne de grande taille pour lancer loin (détails dans la partie action de pêche) et pour pouvoir la plonger dans l’eau sans efforts dans le but de faire nager le leurre plus profondément ou inversement moins profondément en levant la canne vers le ciel. Je vous conseil de prendre une canne avec un talon court, certes ce déséquilibre ne conviendra pas à chaque instant, mais avoir un scion qui pointe dans l’eau c’est idéal pour faire plonger les Crank dans leur zone (données profondeur constructeur), la surface de l’eau représente le point médian à partir duquel on joue sur la profondeur de nage comme vu précédemment. Le choix de la canne s’impose souvent de lui même au regard du peu d’offres sur le marché.

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Cet homme vient de gagner 2m de profondeur !

Exemples de cannes :

  • Shimano Crucial Crankbait 60-170g
  • Bass Pro Shops Crankin’Stick Micro 30-110g

  • Savage Gear Buch Light XLNT 30-80g

 

Le moulinet devra quand à lui avoir un ratio très faible pour ramener sans effort ces leurres qui tirent souvent énormément, il faut également que son mécanisme soit robuste pour la même raison et qu’il soit un bon lanceur dans cette catégorie de leurre (préférez les masselottes au frein magnétique). En outre, de mon point de vue il est plus agréable d’accélérer la cadence avec la manivelle dans le cas où l’on voudrait pêcher plus vite que de devoir se forcer à mouliner lentement dans le cas où il faudrait aller moins vite. La vitesse de récupération n’affecte pas vraiment la profondeur de nage du leurre, l’idéal étant de trouver sa vitesse de croisière pour que ce soit confortable. Ici aussi les offres de produits se comptent sur les doigts de la main.

Exemples de moulinets :

  • Shimano Chronarch 201E ratio 5.5:1
  • Abu Garcia Revo Winch ratio 5.2:1

  • Lew’s BB1 ratio 5.1:1

 

Le fil :

Le choix du fil pour cette pêche est complexe, il suscite même une vraie polémique entres pêcheurs aux états-unis faute de réelles études scientifiques sur le sujet.

Si l’on souhaite, et c’est généralement le cas, que le poisson nageur atteigne sa profondeur de nage annoncée voir plus, la règle est d’utiliser un diamètre de fil le plus faible possible. En effet, plus le fil est fin et plus le leurre nagera profondément car il exerce moins de force sur l’eau. Là c’est clair, mais ça se corse si l’on prend en compte le matériau qui compose le fil et change sa densité.

Les nylons et le fluorocarbone coulent dans l’eau, la tresse quant à elle flotte. Alors vaut il mieux une tresse fine qui flotte ou un gros monofilament qui coule ? A cette question personne ne sait vraiment répondre.

En réalité les pros recommandent le fluorocarbone aujourd’hui mais c’est surtout pour question de marketing, l’argument avancé et que la flottaison de la tresse et du nylon pousse le crank à remonter continuellement. Personnellement je trouve ça négligeable, il n’y a quasiment pas de différence entre les types de fil à diamètre égal…

Dans une étude sur les profondeurs de nage des crankbaits menée par Steven Holt et Mark Romanack en 2000, il est déterminé qu’une ligne de 8 livres entraînerait un crankbait 20% plus profondément qu’une ligne de 14 livres, et qu’une ligne de 20 livres ferait plonger le même crankbait 10% moins profondément que celle de 14 livres. A méditer…:) Vous pouvez retrouver leur livre « Precision Trolling » qui explique en détail ces aspects.

Les fabricants indiquent majoritairement pour leurs leurres une profondeur de nage maximum avec un monofilament de 10 livres, soit 4,5kg et un diamètre d’environ 20/100.

Pour notre cas il faudra au moins un nylon ou un fluorocarbone de 30/100, voir un copolymère d’au moins 25/100 (fluoro-coated) ou une tresse minimum en 15/100. Pour ma part j’ai tout choisi sauf la tresse, en effet avoir de l’élasticité, amorti l’ensemble en évitant encore un peu plus les décrochages à la touche et pendant le combat sans retirer les hameçons de la gueule du poisson par une trop grande pression (comme la pêche de la truite aux leurres), et cela vaut je pense pour toutes les pêches en linéaire bien qu’étant un point de vue subjectif. De plus, la tresse retransmet toute les vibrations et même si elle permet par exemple de détecter la nature du fond et le moindre changement sur la ligne, ce n’est pas du tout agréable pour le poignet et peu intéressant pour les poissons nageurs. L’information n’est pas la clé dans la pêche en cranking. Les fils élastiques sont idéaux pour ferrer avec des hameçons triples, souvent plus fins que les simples ils ne nécessitent pas un ferrage très puissant à condition qu’ils soient bien aiguisés, le plus souvent en effet le poisson s’auto-ferre même si il convient d’assurer le coup.

Autre avantage des monofilaments qui a son importance, même si il est difficile d’en prendre la mesure, c’est leur absence de bruit dans l’eau. En effet la tresse relâche de l’air lorsqu’elle est immergée, cet effet est accentué par les vibrations du leurre, on l’appelle l’effet « cordes de guitare » . Il aurait un impact négatif sur les poissons, donc dans le doute et puisque que c’est arrangeant ma préférence va encore aux monos.

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Bruit de la tresse vu au sondeur

Autre point un peu particulier : avec un fil élastique le poisson nageur aura tendance à passer plus « mollement » l’obstacle qu’avec une tresse, il évite parfois de s’accrocher brutalement.

Ce dernier avantage se transforme en gros désavantage cependant, en effet avec cette élasticité permanente le leurre ne s’arrête pas complètement lors d’une pause marquée, le réagencement de la matière continue de le faire avancer et ne permet pas d’être efficace pour ce genre d’animation. Il est même impensable de sentir réellement une touche lors d’une pause (heureusement c’est souvent au redémarrage qu’elle à lieu) !

De manière anecdotique, il faut noter que plus il y a de fil sorti du moulinet moins le leurre nagera profondément car le fil oppose une résistance à l’eau, c’est surtout vrai pour la pêche à la traîne (que l’on ne traite pas ici) où il convient laisser un peu plus de fil que le profondeur de nage maximale du leurre, c’est négligeable cependant au lancer où pour des raisons pratiques il faudra même parfois faire de grands lancer (voir partie action de pêche) ,

Aujourd’hui je pêche avec un fluorocarbone de 30/100, un tout petit peu moins élastique le nylon et résistant bien à l’abrasion, les ferrages fonctionnent bien avec des hameçons triple de forts diamètres et je ressens un peu mieux les choses.Je n’ai pas vu de différence concernant la profondeur de nage (je vous préviens vous allez voir ce terme souvent, désolé pour l’overdose!).

 

Le bas de ligne :

Comme pour le corps de ligne, il doit être fin et en accord avec celui-ci, un acier multibrins de 7kg (environ 40/100 gainé), du titane en 10kg ou une tresse armée de 30/100. Sa longueur doit être au minimum de 30cm, on est jamais trop prudent avec le brochet !

 

Les leurres :

La forme du corps et de la bavette vont influencer directement la nage du leurre, sa profondeur de nage et le temps pour l’atteindre : plus il y a d’eau en contact avec la bavette et plus le Crank nagera profondément.

J’ai tendance à favoriser une bavette longue/large, droite (à 180°) et un corps hydronymique (plutôt sphérique) pour les pêches profondes car le leurre se doit généralement d’atteindre rapidement sa zone d’évolution limite, la nage ici sera plutôt serrée. Pour les pêches moins profondes des formes de bavettes larges et courtes, en V ou carrées donnent un gros rolling et une nage ample, le choix des formes est plus libre. En outre les PN (Poisson Nageurs) articulés atteindront moins vite leur profondeur de nage que les corps fixes, pour des questions de résistance à l’eau encore une fois, d’ailleurs les fabricants ne prennent jamais la peine de leur mettre de grandes bavettes.

D’une manière générale je préfère les modèles flottants car ils permettent de savoir réellement où l’on évolue dans la couche d’eau et parfois d’animer le leurre en laissant flotter, je n’ai vraiment pas un bon feeling avec les modèles coulants dont la nage fait souvent défaut. Les modèles flottants ont cet autre avantage de pouvoir flotter si l’on casse sur un obstacle, en effet c’est souvent la bavette qui est bloquée et non les hameçons !

Concernant les billes bruiteuses, j’ai une préférence mystique pour une grosse bille unique au son grave et je préfère qu’il y en est au sens large, bien sûr une bille de transfert de masse est toujours la bienvenue. Ce n’est pas une science exacte, cela dépend du milieu pêché.

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Nages en fonction des formes de bavette

Si votre Crankbait nage un peu trop à gauche ou un peu trop à droite, vous pouvez rectifier cela en tordant légèrement à la pince l’attache de la bavette du côté opposé, il faut faire des essais pas à pas pour qu’il nage droit.

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Une sélection de mes PN préférées parmi ceux que j’ai la chance d’avoir ou d’avoir essayé, dans les gros modèles et les plus petits, la profondeur de nage maximale (PDN) est ici une donnée théorique avec un mono filament de 10/100 :

 

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                        Strike King 10XD, 15cm, 56g, PDN = 9m

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Lucky Craft SKT Magnum 120 MAG DR, 15cm, 91, PDN = 10m+

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Duo Realis G87 20A, 31g, 8,5cm, PDN = 7m

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Rapala Dive to 20, 7cm, 25g, PDN = 8m

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BucherTail Depth Raider, 20cm, 70g, PDN = 4,5m

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Storm Arashi Ratlling Deep 25, 9cm, 35g, PDN = 9m

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Les 3 plus gros Crankbaits du monde !

Ces leurres ne sont pas à égalité concernant leurs distances de lancer malheureusement, les crankbaits se lancent toujours mieux que les longbills ou les jerkbaits, mais leurs nages à tous sont excellentes !

 

L’action de pêche :

Du Power Fishing, mais en plus gros et souvent plus profond ! Ce n’est pas sorcier, il s’agit d’une prospection à l’état brute majoritairement sans animation mais qui ne rime pas forcément avec rapidité contrairement à ce que l’on peut croire de prime abord, en effet c’est une pêche qui s’adresse aussi aux poissons peu actifs.

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Sur ces dessins représentatifs on voit qu’un PN atteint sa profondeur de nage maximum à la moitié de sa course environ, on dit généralement au 2/3, en suivant une courbe parabolique. Plus le leurre nage profondément plus il aura besoin de temps pour atteindre sa profondeur plafond (CQFD). En fait c’est même très long pour un crankbait grand plongeur, il nagera environ 1/5 de son temps à sa profondeur maximale avec un lancer de distance moyenne, beaucoup plus avec un petit plongeur. C’est au cas par cas on fonction des modèles, de la ligne et du lancer.

Vous me direz ce n’est peut être pas la meilleure arme pour les pêches profondes vu le peu de temps qu’un deep crank y passe vraiment, c’est plutôt vrai mais pour le moment les résultats qu’il m’apporte sont excellents comparés aux autres leurres, je ne sais pas l’expliquer.

Il faut donc faut donc bien sûr choisir le modèle en fonction du poste. Les deep crankbaits et les deep longbill sont idéaux pour les profonds cassants, les plateaux et les fosses en lac de barrage ou en grande rivière par exemple. A l’inverse évidement les shallow diver sont entre autres parfaits pour une bordure d’herbiers, des obstacles près de la surface, une gravière ou le fond d’une crique.

Souvent la stratégie est plus simple quand il n’y a pas vraiment de poste précis ou que l’on se fiche un peu de perdre du temps, on lance le plus loin possible pour faire évoluer son leurre le plus longtemps sur un vaste endroit qui semble prometteur.

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L’idéal pour cette technique est d’être sur une embarcation, en effet l’action des poissons nageurs semble étonnement avoir été conçue pour les pêcheurs en bateau comme le disait Sylvain l’esoxiste dans son blog, mais ce n’est pas tout à fait vrai dans le sens où certaines conditions du bord s’y prêtes parfois bien (rivière de moins de 50m large par exemple).

Voici des schémas qui résument une action productive, limitée fondamentalement par le chemin que suivra le modèle du leurre. On y voit deux approches générales qui fonctionnent bien en terme de praticité, la pêche du bord vers le large (1) quand le tombant de la bordure n’est pas très prononcé pour épouser celui-ci, et une pêche parallèle à la bordure (2) pour exploiter cette zone généralement d’une profondeur fixe. Un mélange des deux avec une trajectoire oblique vers le bord peut être une bonne solution quand la cassure est fortement plongeante, ou quand l’on veut explorer à la fois la berge et le large en proportions équivalentes. C’est cette dernière stratégie que je préfère pour couvrir du terrain, notamment en float tube où il est difficile de se déplacer rapidement.

098653_original_1024x1024Pour un poste (strike zone) précis comme une structure, le but est en général de se positionner en face avec le bon angle, puis de lancer en amont de celui-ci à une distance qui correspondra à la profondeur d’eau où l’on veut faire évoluer le leurre.

Faire des pauses et laisser le leurre flotter puis rependre la récupération peut s’avérer très intéressant si les poissons son plutôt décollés du fond, pour faire une animation agressive ou pour trouver la couche d’eau où ils se trouvent, on peut vraiment presque tout faire avec un Crank ! Dans les faits avec les brochets c’est souvent près du fond et des cachettes que ça se passe.

On peut également pêcher une zone très précise près de soit, cela marche vraiment très bien dans les bois morts par exemple où la bavette du poisson nageur tapera dans le cover et évitera un accrochage tout en déclenchant les attaques.

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Le but de cette pêche reste cependant de peigner large, et c’est là tout ses avantages ! On lance, on ramène et on recommence, le tout en étant toujours sûr de bien pêcher et c’est ça qui est vraiment jouissif ! En effet tout ce qu’on demande à un Crankbait c’est de nager droit et de vraiment jouer le poisson qui va mal, et ça se fait tout seul !

On peut ajuster la profondeur de nage simplement en plongeant plus ou moins le blank de la canne dans l’eau, taper le fond n’est pas un mal en soit (voir variante stop and go) puisque c’est parfois très attractif pour les carnassiers. Sur ce point j’ai constaté qu’environ 80% des attaques avaient lieu après un accro sur un obstacle (souvent des plantes aquatiques), viser plus profond que la réalité peut donc s’avérer payant. On pêche comme cela rapidement et différemment de grandes zones, avec ces leurres les brochets n’hésitent pas à venir de loin car ils sont souvent bruiteur et brassent beaucoup (beaucoup!) d’eau.

stop-and-goTechnique Stop & Go

Dans cette démarche assez spéciale ce n’est généralement pas le leurre qui se déplace en fonction du pêcheur mais le pêcheur qui se déplace en fonction du leurre, tout devient une histoire d’angles d’attaque, de vitesses de récupération, de distances, de postes propices et de dérives. Certains déposent même le leurre en surface à un endroit et se déplacent en bateau à un autre pour obtenir la bonne trajectoire lors du ramener. L’écho-sondeur n’est pas vraiment indispensable, tant l’on compense en rapidité de prospection, hormis peut être pour les poissons pélagiques. C’est une pêche toute en puissance, où, au fur et à mesure des automatismes acquis par le cerveau on peut commencer à se concentrer sur ce qui nous entoure et en profiter pleinement, « comme une belle machine consciente » =)

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Vous ne l’auriez peut être pas vu en restant concentré sur votre leurre souple ! ^-^

Les PN, comme je l’avais énoncé plus tôt, ne se destinent pas uniquement aux carnassier actifs en période chaude, tout est possible avec eux, se sont les seuls leurres à pouvoir se ramener à une vitesse extrêmement faible, à la limite du décrochage tout en conservant une profondeur stable voir être suspending. De fait la nage d’un poisson nageur peut passer de la provocation la plus totale au plus doux des déhanchés en fonction de la manière dont il est ramené. Aucune saison ne semble statistiquement moins productive, en dehors des coups durs de l’ouverture bien sûr 😉

Pêcher la peine eau n’est pas à négliger non plus, j’ai pu comme cela prendre mon premier brochet métré aux mœurs pélagiques cet automne dans 35 mètres d’eau avec un leurre évoluant à 10 mètres, et prouver modestement par la même occasion que les crankbaits ne s’adressent pas qu’aux petits sujets.

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Brochet d’un mètre pris avec le Strike King 10 XD

Pour conclure je dirais que cette pêche mêle simplicité et complexité, elle est physique, généralement rapide, et joue relativement plus sur l’agressivité des poissons et leur comportement territorial que leur besoin de se nourrir, ce qui peut faire la différence certains jours. J’espère vous avoir donné l’envie d’essayer ci n’est pas déjà fait ! Merci pour votre lecture.

Casting : pour quelle utilisation ? Du point de vue du pêcheur

C’est ou plutôt c’était l’éternel débat pêche européen du 21ème siècle, il y a clairement eu un effet de mode et beaucoup de déceptions. Je ne voudrais pas revenir sur tout ce qui a été dit, mais du moins écrire comme certains un retour sur l’expérience des deux techniques, spinning et casting.

 

Des techniques complémentaires

C’est en effet, ce qui ressort majoritairement des discussions sur le sujet, honnêtement j’aimerais que le casting puisse tout faire parce qu’il est confortable et léger, mais ce n’est pas le cas.

Le casting est-il compliqué au début ?

Non c’est très simple en réalité, en une heure c’est plié et il ne faut pas se tracasser.

Le moulinet est-il le plus important en casting ?

Oui, mais il l’est presque autant que la canne (comme en spinning) quand on souhaite investir, dans les faits c’est simplement qu’un moulinet bas de gamme obligera le pêcheur à utiliser d’avantage les différents freins pour éviter les perruques contrairement à moulinet plus performant qui sera plus tolérant et permettra parfois de ne pas se servir des freins du tout.

Pourquoi le casting ?

C’est là où je voulais en venir, pour résumer (et en général) un ensemble casting correct permettra essentiellement de pêcher en linéaire sans trop d’animations et de lancer plus rapidement et avec plus de précisions à des distances modérés. Il permet également de pêcher efficacement en verticale pour sa facilité d’utilisation mais ce n’est pas une pêche qui m’attire personnellement.

Voilà c’est tout bête ! C’est ce que je ressens quand je vais au bord de l’eau : le positionnement des mains, des bras ainsi que la douceur et la légèreté en traction de leurre font que le casting est très agréable pour le lancer-ramener.

Les animations par contre ne sont pas évidentes du tout (si ce n’est canne basse en jerk), car le positionnement prévu de la prise en main en arrière du moulinet fait automatiquement piquer l’ensemble du nez, de plus ces animations se font souvent avec le poignet et celui ci est beaucoup moins libre qu’en spinning car en position optimale la main palpe le moulinet et son angle d’action est restreint.

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Position de main haute d’un pêcheur américain pour animer : très inconfortable !

Les leurres :

On lit partout que les leurres qui tirent sur la ligne seront plus adaptés pour le casting du point de vue confort : c’est vrai.

Je privilégie en général des leurres lourds en casting  pour lancer plus loin. Il est donc possible de s’en sortir en lac/fleuve du bord par exemple, mais avec des leurres denses.

Longueur de canne :

Peut importe finalement, vous aurez de toute façon maximum 40cm de différence entre les modèles courants du marché. Une canne plus longue ne lancera pas forcément plus loin, cela dépend d’un tas de paramètres. Quant à utiliser une canne très longue en casting, c’est vraiment déplaisant pour les mêmes raisons d’équilibre canne/moulinet/main.

La polyvalence :

Sans être un énorme consommateur de matériel, finalement l’idéal est d’emporter les deux types d’ensemble au bord de l’eau mais ce n’est pas simple ! 🙂